Contexte & enjeux
L’intelligence artificielle (IA) s’impose aujourd’hui comme une technologie de transformation majeure, affectant en profondeur les modes de gouvernance, les logiques de gestion, les formes de communication et les stratégies de développement à toutes les échelles. À l’intersection de la technique, de la donnée et du langage, elle redéfinit les rapports entre action publique, management organisationnel, mobilisation des acteurs et durabilité (Floridi et al., 2018 ; Kitchin, 2017). Dans cette perspective, dans un monde marqué par des crises environnementales, sociales et économiques croissantes, les promesses de l’intelligence artificielle se conjuguent désormais aux impératifs du développement durable. Cette technologie offre, en théorie, des capacités inédites pour optimiser la gestion des ressources, modéliser les impacts environnementaux, améliorer l’élaboration des politiques publiques, renforcer les mécanismes de participation citoyenne et accompagner la prise de décision stratégique dans une logique d’efficacité, d’anticipation et de résilience (Batty, 2018 ; Chun, 2021).
Toutefois, ces potentialités s’accompagnent de défis majeurs : encadrement juridique incertain, risques d’exclusion numérique, biais algorithmiques, dépendance technologique, fractures sociales et environnementales, ou encore dilution de la responsabilité managériale (Zuboff, 2019 ; Crawford, 2021). L’intelligence artificielle, en tant qu’outil de gouvernance et de pilotage organisationnel, interroge les formes de rationalité qu’elle promeut, les types de savoirs qu’elle mobilise et les modèles de durabilité qu’elle rend possibles… ou invisibles.
Dans ce contexte, ce colloque international vise à croiser les regards scientifiques, professionnels et institutionnels sur les usages, les pratiques, les représentations et les limites de l’intelligence artificielle appliquée au développement durable. Il s’inscrit dans une approche résolument interdisciplinaire, en mobilisant des contributions issues des sciences humaines et sociales, des sciences de gestion, de la communication, des sciences politiques, de l’informatique, du droit, de l’environnement et de l’économie.
Les propositions de communication pourront s’appuyer sur des recherches théoriques, des analyses de cas, des expérimentations ou des retours d’expérience. L’objectif est de nourrir, à la lumière des transformations induites par l’intelligence artificielle, une réflexion critique et constructive sur l’émergence de nouvelles formes de gouvernance, de communication et de management, dans une perspective de durabilité, d’équité et de responsabilité sociale.